Les Âmes Annamites 

Pendant la Première Guerre mondiale, plusieurs centaines d'ouvriers vietnamiens furent recrutés dans le protectorat d'Annam pour travailler dans la dynamiterie de Paulilles, sur la côte catalane. Beaucoup moururent sur ce site et leurs corps disparurent sans sépulture.

À partir d'archives, de paysages et d'un rituel ethno-photographique, ce travail explore la mémoire fragile de ces vies effacées et les formes possibles d'un dialogue avec les absents, dans l'ombre d'une histoire coloniale largement oubliée.

La photographie devient ici un espace de mémoire et un geste de relation avec ceux qui ne sont plus.

1 La mémoire soufflée

Enquête historique, lieux, archives

Ce premier ensemble s'appuie sur une enquête historique menée autour de l'ancienne dynamiterie de Paulilles.

Photographies d'archives, paysages du site et traces matérielles composent une mémoire fragmentaire de la présence des ouvriers annamites et de leur disparition.

Les images interrogent ce qui subsiste lorsque l'histoire officielle s'efface : récits locaux, lieux silencieux et fragments d'archives

2 Le repêchage des âmes

Gestes rituels et photographiques

En écho à cette disparition sans sépulture, une seconde série prend la forme d'un rituel ethno-photographique explorant les gestes destinés, dans certaines traditions vietnamiennes, à apaiser les âmes errantes des morts violentes.

Entre les paysages de Paulilles et les traditions rituelles vietnamiennes, ces images mettent en scène des autels éphémères, des offrandes et des gestes symboliques adressés aux disparus.

La photographie devient ici un espace de mémoire et un geste symbolique de réparation.